Meïkhâneh       leur passage au Canoë Renversant
                                     le 10 avril 2015

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Un voyage musical en Canoë

Article de presse : le jsl

le 12/04/2015 | par Charlotte Rebet

Le deuxième spectacle de la saison a embarqué vendredi le public du Canoë renversant vers de multiples destinations musicales, de l’Iran à la Mongolie.

À bord du Canoë renversant, les concerts sont particulièrement dépaysants, dans ce lieu qui se revendique en dehors des sentiers battus. Dernier exemple en date, la venue vendredi soir du trio Meïkhâneh, dont les musiques sont des « pièces » ou des « songes » inspirées des cultures du monde. Un métissage musical entre les montagnes de Mongolie et le Portugal, entre l’Iran et l’Europe de l’Est. Sur la scène, outre la guitare classique, trônent des instruments non-identifiés. Avant de chanter en persan ou en mongol, Maria Laurent et ses complices distillent quelques petits indices, pour ouvrir les vannes de l’imagination sur une mélodie qui fait défiler les paysages et abolit les frontières.

Milad Pasta, percussionniste, fait valser des instruments improbables entre ses mains pour en tirer des sons infinis : de l’écho métallique du daf au clapotement du udu, d’une paume forte à un doigté chuchotant. Le public sursaute quand le guitariste Johanni Curtet se met à chanter. Le chant diphonique est une technique vocale empruntée à certaines cultures, censé reproduire le son du vent ou encore de l’eau qui coule. Une expérience d’abord déstabilisante, mais dont le spectateur dubitatif est vite conquis.

Meïkhâneh prend le train, monte à cheval, et use ses trois paires de bottes sur des kilomètres de chemins.

Meïkhâneh invente une musique qu’on entendrait dans les steppes iraniennes de Lisbonne. Un paysage hybride et singulier où l’on se laisse emmener jusqu’à « la maison de l’ivresse ».

Nourri des musiques traditionnelles, le trio rennais crée un univers sonore inattendu et généreux, tissant entre elles les influences de chacun des musiciens. La voix évoque le fado, les chants bulgares et le chant diphonique mongol, portée par une guitare voyageuse et des rythmiques d’Iran et d’ailleurs. Il s’y chante des histoires en portugais, mongol, hongrois, farsi ou en langue imaginaire

Maria Laurent
Chant, morin khuur (vièle cheval), tovshuur (luth mongol)

Johanni Curtet
Khöömii (chant diphonique), guitare acoustique, dombra (luth kazakh), Kalangou (tambour d’aisselle camerounais), chœurs

Milad Pasta
Tombak, daf (percussions iraniennes), udu drum, tambourin, percussions métalliques, chœurs

copyright photo OlGa

copyright texte Meïkhâneh